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CCLXX1. — Lettres du Roy pour des pionnyers.
23 novembre 156a. (Fol. 158 r°.)
Du xxiiic jour de Novembre mil cinq cens soixanle deux.
De par le Roy.
"Très chers et bien aînez, pour ce que la necessitté de noz affaires et les grandes despences ausquelles nous avons nécessairement à fournir ne nous per­mettent de pouvoir satisfaire pour le present à l'en­tretenement des pionniers, que nous avons faict lever pour le service de nostre armée et qui travaillent journellement aux Irenchées el autres ouvraiges f1'' qui se font pour la seuretté de nostre ville de Paris et vostre seuretté et conservation, nous vous mandons et enjoignons que, au lieu des autres pionniers que les particulliers habitans fournissoient ces jours passez, vous faictes en sorte qu'ilz baillent et déli-
vrent l'argent qui est necessaire pour l'entretenement de nosd. pionniers pour le temps qu'ilz travailleront ausd, ouvraiges, pour estre chose dont ilz reçoi­vent la principalle commodité, et suyvant ce que nostre trés cher et trés amé cousin le duc de Mont­morency, pair et Connestable de France, vous dira de nostre part plus particullierement, lequel vous ne fauldrez de croire comme nostre propre personne. "Donné au boys de Vinciennes, le xxiue Novembre
Ve LXII.T)
Signé : CHARLES. Au dessoubz : Bourdin.
Et au dessus : A noz très chers el bien aînez les Pre­vost des Marchans, etc.
CCLXXII.— [Mandement aux Quarteniers.]
2 4 novembre 1562. (Fol. 158 v°.)
Du mardy, xxiue jour de Novembre vc lxii.
"Macé Bourlon, Quartenier de lad. Ville, nous vous mandons que enjoignez à voz Dixiniers de faire la recepte des deniers, à cinq solz tournois pour chascun pionnier, ordonné par monseigneur le ma­reschal de Brissac estre levée sur les habitans de ceste Ville pour la deffence d'icelle, et à ce faire et payer lesd, sommes qu'ilz contraignent tous ung chascun les cotizez nommez par les rolles par toutes
voies deues et raisonnables, mesme par saisye et vente de leurs biens sommairement et sur le champ, no­nobstant oppositions ou appellations quelzconques, et à ce aux despens des reffuzans ou delayans, lesquelz seront contrainctz par mesme moyen à payer quatre solz parisis pour l'execution qui sera faicte après ung premier commandement.
"Faict le xixe jour de Novembre mil v° lxii."
d'ouvrages en marbre blanc destinés au tombeau de François I", surtout de bas-reliefs représentant la bataille de Cerisolles; i! fit aussi une statue de François I" en bois pour le Palais. (Cf. L. de Laborde, Les comptes des bâtiments du Roi, t. I, p. 992, 328.)
Le 3o décembre, le Bureau de la Ville fit procéder à l'inventaire des effets mobiliers et des figures d'albâtre mentionnés dans la saisie du 21 novembre. Si les hardes de Pierre Bontemps ne méritent pas grande attention, par contre le bagage artistique qu'il dut abandonner en quittant Paris n'est pas à dédaigner; aussi croyons-nous devoir reproduire par extrait l'inventaire des biens du sculp­teur huguenot.
"Inventaire des meubles trouvés en la maison de Estienne Carmoy, demourant es faulbourgs Sainct Honoré, par le cappitaine Cosme Le Charron, en la presence de Anthoyne Marguillier, lieutenant dud. cappitaine, Gabriel Michel, capporal, Noel Guerin, et dud. Car­moy, lesquelz l'on dist apartenir à me Pierre Bontemps, fugitif pour la religion, iceulx biens trouvés en ung bahu et ung coffre de boys de chesne rompu, ainsi qu'il s'ensuict :
r Item, aud. coffre de boys rompu. . . plusieurs pourtraitures en pappier.
-Item, une bataille de marbre blanc de bas relief, contenant deux piedz de long sur ung pied neuf poulces de large, rompu par ung coing.
"Item, une histoire du Viel Testament.
-Item, ung Apolo et une Venus tenans ensemble, d'albastie, contenant ung pied cinq poulces.
"Item, ung Satire acompaigné d'une femme, d'albastre, contenant ung pied de hault.
"A esté ordonné que lesd, hardes seront baillées à me Jehan Quetin, consierge de lad. Ville, et ce pendant en demeurera led. cappi­taine Le Charron deschargé.» (Archives nationales, Registre du Bureau de la Ville, Z 6826, fol. 36 v°.)
<>> Ces travaux de fortification avaient été décidés le 11 avril par le Roi de Navarre, M. de Guise, le Connétable, les maréchaux de Saint-André, de Brissac et de Termes, qui après examen résolurent nde faire des tranchées sur le chemin d'Orléans, hors le fau­bourg Saint-Jacques).. Dès le 24 avril, "les pionniers étaient tous prêts à Paris, les laissoit-on travailler aux boulevards qui sont hors la porte Saint-Jacques». (Journal de l'année i56a, p. 95, 100.)